anti-à-peu-près

C’est bien connu que je suis pro-OGM et que je me définis comme eugéniste. Ca n’étonnera aucun de mes amis. Ca étonne souvent les gens avec qui je discute de ces sujets pour la première fois. Et je dois souvent m’expliquer. Autant en faire un post et de leur fournir l’URL pour qu’ils puissent lire et que les à peu près cessent. Parce que les à peu près sont d’un chiant exceptionnel. Etre obligé de corriger la façon dont ses paroles sont rapportées est un exercice usant pour la sérénité. SoAnn aurait pu prendre le temps de rédiger son billet juste après notre discussion, peut-être même de me demander ce que j’en pensais des paroles qu’elle présente an tant que miennes avant de poster son billet et la discussion aurait pu commencer sur des bases plus claires.

La base de la discussion était le fait que je considère les écologistes en tant que conservateurs et réactionnaires. Les mots sont choisis attentivement, pour signifier leur volonté de conserver la biosphère et pour indiquer leur réaction aux nouveautés, tels les OGM. Il n’y a pas de connotation péjorative, c’est une question de définition.

Puis, je ne me rappelle pas comment, nous avons dévié pendant quelques instants vers la thérapie génique. Peut-être en discutant de l’arrachage du maïs « mucoviscidose ». Ce dont je me rappelle très bien est la question que j’ai posé : « es-tu pour la thérapie génique de la mucoviscidose ? ». Ce n’est pas le souvenir précis de la discussion lors de la République des Pintes qui me fait dire ça, mais la question fait partie de mon arsenal destiné à montrer aux gens les contradictions de leur pensée concernant la biologie. La réponse est systématiquement « oui, bien sûr », sur des tons divers, qui vont jusqu’à l’indignation la plus parfaite. Soupçonner mes interlocuteurs de ne pas vouloir que ces pauvres enfants guérissent ressemble pas mal à une insulte.
Ce qui ne semble jamais leur traverser l’esprit est que le jour où la thérapie génique de telle ou telle maladie génétique sera une réalité, une routine j’espère, il y aura autant d’OGM que de patients traités qui circuleront librement dans les espaces publics.🙂 Ah ! vous n’y aviez pas pensé non plus ? Ainsi, quand quelqu’un me dit être pour la thérapie génique et contre les OGM je m’empresse de lui signaler la contradiction flagrante de ses propos. En ajoutant immédiatement qu’il y a une nuance importante dans le sens où la thérapie génique des humains doit être réalisée en sorte qu’elle ne puisse pas concerner la lignée germinale, pour éviter de transmettre le transgène dans les descendants des personnes traitées. Habituellement je continue à poser des questions du genre « es-tu pour l’avortement en cas de trisomie avérée? ou de drépanocytose, ou de myopathie ou etc « (la liste habituelle des maladies génétiques détectables dans la période légale d’avortement, suivant la nationalité de mes interlocuteurs). Et invariablement (sauf quand je discute avec des bigots qui reçoivent leur ligne du Vatican) la réponse est oui. Je conclue que vu que ces personnes là sont pour la correction des défauts génétiques (thérapie génique), voire pour l’élimination des individus portant des tares génétiques (IVG), ce sont des eugénistes, comme moi. Elles ne se sont pas posé la question du quel adjectif caractérisait leur attitude, c’est tout.
Beaucoup sont resté à des définitions de l’eugénisme liées à Malthus ou Hitler, voire aux incohérences de Sarkozy pour qui la criminalité serait génétiquement déterminée. C’est signe que l’enseignement des sciences naturelles en France (et ailleurs aussi) est de mauvaise qualité et que les biologistes ne savent pas se servir des médias pour communiquer sauf pour ramasser du fric (Téléthon, Sidaction etc). Mais on ne va pas mettre ça sur le dos de mes collègues, chacun se doit de s’informer avant de former une opinion sur un sujet.

Passons aux OGM. Avant d’aller plus loin, je rappellerai que je suis pour l’étatisation des OGM qui ont fait leurs preuves pour la production de médicaments ou pour améliorer la production agricole. Je suis contre les multinationales qui exploitent outrageusement leurs trouvailles pour engraisser leurs actionnaires. Ceci étant précisé pour qu’il n’y ait pas de changement de cap de la discussion vers des considérations qui ne sont pas biologiques, quels sont les arguments contre les OGM. Je ne parle pas du « principe de précaution » connement érigé en argument logique face à des cultivars qui ont obtenu des autorisations de mise sur le marché (AMM). J’aimerais entendre des arguments biologiques. Et de les discuter en tant que tels.
Pour un cultivar qui a reçu une AMM il n’y a qu’une seule réserve qui puisse être exprimée : que le système qui delivre les AMM n’est pas au point. Auquel cas tous les cultivars qui en disposent d’une devraient être concernés par un moratoire comme celui que certains souhaitaient pour les OGM ! Si quelqu’un a des arguments contre le système de délivrance des AMM il faut qu’il fasse le nécessaire pour que le sujet soit discuté, sans pour autant se sentir obligé de taper les OGM en particulier.

J’ai bien mentionné, en discutant avec SoAnn il y a un mois, qu’il existent plus de 3800 hybrides (interespèces) disponibles sur le marché mondial (pas la France en particulier) qui devraient être aussi suspectés que les OGM. Bien entendu si on exclut de la culture les non hybrides et les non artificiellement sélectionnés on finirait par ne plus avoir de quoi cultiver/manger. Le cultivateur écolo qui me montre ses beaux pamplemousses et me parle de culture traditionnelle oublie que Citrus paradisi est un hybride man-made de Citrus maxima et Citrus sinensis et qu’avec quelques croisements supplémentaires il a donné le tangelo et le sweetie (x Citrus Grandis). De la manipulation génétique maladroite, sans savoir ce qu’ils faisaient, sans connaître les conséquences et sans réclamer des moratoires.

Le cas du maïs qu’on oppose au maïs transgénique est pire encore. A travers les hybridations/sélections aveugles nous sommes passé de çaà ça, ça, ça, ça, ça, ça, ça, etc. La variations phénotypiques correspondent à des variations génétiques.

Ajoutez deux ou trois gènes et tout d’un coup les écologistes qui ne se sont pas intéressé jusqu’à présent de cette énorme changement du maïs, vont se mettre à parcourir les champs pour l’arracher et demander un moratoire. Pourquoi ? Parce qu’ils continuent à ignorer comment ça c’est passé. Etonnant non ?

On me pose systématiquement la question : « donc tu penses qu’il n’y aura pas de problèmes de santé avec les OGM ? »à la quelle je réponds systématiquement « mais bien sûr qu’il y aura des problèmes ! ». Les intolérances et allergies alimentaires ne sont pas une nouveauté. Il y en a qui ne peuvent pas manger des fraises, des huîtres, du gluten ou de la caséine. Ce sont des problèmes aussi vieux que l’humanité et ça serait con de prétendre qu’il n’y en aura pas avec les OGM. Mais si on arrêtait de produire du lait, des céréales contenant du gluten etc. sous prétexte que certains ne les supportent pas on serait plutôt crevés de faim. Les dits certains qui auront des allergies causés par les OGM n’en mangeront pas et puis c’est tout ! Rien de nouveau sous le ciel. Si même une grosse partie de la population/clientèle ne supporte pas un OGM ne vous inquiétez pas, ce sont les producteurs qui en arrêteront la production, ne souhaitant pas avoir sur les bras un produit qui se vendra mal. pas par souci de salubrité publique, juste par souci de balance de leur compte bancaire. En attendant il n’y a pas suffisamment d’allergiques aux huîtres ou à la caséine pour que les ostréiculteurs et les laitiers songent à se convertir.


Je suis arrivé au post de Nicolas Thierry, publié sur Fenua et Moïra. Je n’aurais pas dû le lire, c’est mauvais pour ma tension artérielle. Je me limiterai à deux commentaires et je vais être un peu plus sec et critique que je ne l’ai été ci-dessus; parce que il s’agit d’une personne jeune, m’avoir dit qu’il se lance dans la vie politique et que je souhaiterais que mes deux commentaires servent de points de réflexion. Et je vais utiliser des mots graves en espérant le conduire à se renseigner mieux la prochaine fois qu’il préparera un post sur le sujet.

Je lis donc :

Vous l’aurez compris, la notion de fécondation est centrale dans ce qui différencie une espèce hybride et une plante transgénique. Le processus de fécondation se déroule par un dialogue entre gènes qui impose de fait le respect de l’organisation du génome. (Voir définition gène* et génome** en fin d’article).

Effectivement. Mais le transfert de gènes hors fécondation n’est pas une nouveauté du génie génétique mais un phénomène naturel bien connu : le transfert horizontal des gènes (HGT) (opposé au transfert vertical ou parental, la fécondation n’étant pas la règle). La remarque pourrait être qualifiée de mystique avec le dialogue au delà des possibilités de compréhension des biologistes. Je crois lire un créationniste qui attribuerait le naturellement correct au créateur, substitué ici par Dame Nature.
Le HGT est source de biodiversité et moteur de l’évolution. Et il n’en a rien à branler du dialogue entre gènes, ni des autorisation des écologistes. Maintenant, qu’un écologiste devrait être au courant de cette affaire de HGT puisqu’il est au centre des craintes de certains, écologistes justement, pour la dissémination des transgènes. Dont tous (pour l’instant) sont issus d’organismes naturels et donc sont susceptibles de HGT. Vous voyez la contradiction ou je devrais en arriver à vous faire un dessin ?
Passons sur le HGT qui semble dépasser même certains collègues qui finissent par avouer « je n’y avais pas pensé ». Venons en à l’hybridation traditionnelle qui semble plus au goût de l’écologiste de base. A-t-il idée de comment ça se passe ? Avec pollinisation artificielle pour passer outre des goûts des insectes, souvent avec des traits instables ne pouvant pas être transmis au delà de la première hybridation (hybrides F1), avec tous les inconvénients de la dilution des traits d’intérêt, qui souvent sont le produit de plusieurs gènes, dans des fonds génétiques qui portent des traits indésirables, du genre résistance à un pathogène et goût de chiotte respectivement pour d’intérêt et indésirables. Parlez m’en de respect d’organisation du génome.
Que je pousse le bouchon dans la bouteille (pour les non bordelais qui me lisent, c’est un geste abominable😉
Quid des plantes chimériques, mélange de deux variété différentes que l’on force à collaborer ? Traditionnellement bien-sûr. Pour passer outre du subtil dialogue que nous n’avons pas su établir entre leur génomes. Comment ? Vous ne voyez pas de quelles plantes chimères je parle ? Et le bouchon ne vous as pas mis sur la voie ? Allez, donnez votre langue au chat dans les commentaires et je vous raconterai.

Ou encore

Le devoir de la science est également un travail de critique. La voix de celle-ci que l’on peut qualifier d’inaudible sur le sujet fait gravement défaut en ce début de 21ème siècle.

Faut pas déconner. Je passe une partie de ma soirée à gueuler à son oreille (pour que je me fasse entendre au dessus de la musique, pas parce que j’aime gueuler) et il me dit que ma voix est inaudible. Il n’est plus sourd que celui qui ne veux pas entendre.
OK, moi je passe à l’as, pas grave. Mais pense-t-il que les gens qui ont produit un OGM, ceux qui l’on évalué, ceux qui ont testé, ceux qui ont étudié les dossiers et ceux qui ont approuvé les dossiers pour délivrer les AMM ne sont pas des scientifiques ? Qu’ils n’ont pas réalisé un travail critique ? Qu’ils sont tous vendus ?
La question que je me pose est : a-til lu la littérature scientifique relative au sujet ? Je ne parle de la littérature scientifique. Oui, ce n’est pas un sujet facile, mais en tant que futur/potentiel représentant du peuple un petit effort s’impose.

Je voudrais éviter de jeter le bébé avec l’eau du bain quand même. Il y a un très court (à mon goût) passage dans ce post qui mérite d’être repris et devrait être le sujet principal (à mon sens) :

Les OGM ne sont que le partie visible de l’iceberg. En effet, les plantes transgéniques cristallisent à ce point les passions car elles posent des questions qui concernent d’autres débats : l’appropriation du vivant dans le futur, le niveau respectif de l’engagement du privé et public dans certains types de recherches, ainsi que la notion de responsabilité à long terme.

J’ai mis en gras le bébé.
Je suis opposé à l’appropriation du vivant par qui que ce soit : j’ai été opposé aux brevets sur les génomes, je suis opposé aux brevets concernant la biologie synthétique pour des nombreux OGM je suis pour l’achat des brevets par des instances publiques, pas nationales seulement, mais aussi du genre ONU. Il en est de même de certains brevets protégeant des médicaments, par exemple les anti-VIH. Au delà d’un niveau d’intérêt je pense que les biens doivent être gérés par des structures non-privées. En définissant bien le terme « appropriation du vivant », pour que la discussion puisse être claire, je pense que Thierry Nicolas tient un sujet très important. J’ai beau admirer Craig Venter pour ses réalisations (le mec est simplement génial), je suis opposé aux brevets concernant la biologie synthétique qu’il demande actuellement. Philosophiquement opposé.

A ce point de vue je me rallierai volontiers. Ca permettra de faire des meilleurs OGM !

Je viens de ressortir ça, allez le lire, ce n’est qu’une autre scientifique : MORE GMO RICE!! ITS GONNA KILL US ALLLLLLLLLLLL!!!
🙂

10 Réponses

  1. […] Nile Virus Link to Article allergies anti-à-peu-près » Posted at Pegase on Sunday, July 01, 2007 […]

  2. Bonsoir,

    Je reviens à peine de visionner le film « We feed the World » qui se conclu par une interview navrante du PDG de Nestlé. Je rentre chez moi, allume mon mac et là tombe sur ce post qui ne fait que renforcer ce que je me disais en chemin : ce sont des gens comme vous qui me rappellent chaque matin au réveil que ma force militante ne doit jamais féblir sous peine de laisser le champ libre à des scientistes (et non scientifiques) qui pensent détenir une vérité incontestable. Lors de cette fameuse soirée à Bordeaux, vous aviez formulé quelque chose d’interessant : « le peuple ne comprend rien, c est bien pour cela que ce sont aux scientifiques de savoir si c est dangereux ou pas ». Cela résume le gouffre qui nous sépare.
    Je maintiens mes propos en ce qui concerne l’absence de critique de la science. Oui vous avez passé votre soirée à nous gueuler dans les oreilles mais sans jamais émettre le moindre doute serieux sur la question de organismes génétiquement modifiés. Vous allez me dire ? « Normal, les évaluations sont positives donc aucune raison ». Je ne crois pas un instant, que les organismes chargés des évaluations sont libres et non soumis aux lobbyings agro-alimentaires capables de maitriser la communication des résultats si ceux s’avèrent alarmants.
    Je terminerai en vous proposant un lien vers une interview de Betrand Hervieu (ancien président de l’Inra) et actuel secrétaire général du centre international des hautes études agrnomiques méditéranéennes :

    http://www.agrobiosciences.org/article.php3?id_article=1269&var_recherche=Hervieu

    C’est étrange mais je sens beaucoup plus de nuances dans ces propos que dans les votres. Et pourtant lui n’est pas jeune, ne fait pas de politique et je pense peut être considéré comme renseigné.

    NT

  3. Merci pour ta réponse OldCola, mais je n’ai écrit ce billet qu’un mois après les faits parce que la discussion m’avait un peu troublée, mais aussi pour une simple question de temps… relancée en outre par une autre discussion avec des amis il y a 3 jours qui pensaient eux aussi que les OGM n’étaient pas nocifs. Et surtout tu remarqueras que je n’ai pas « linké » vers toi exprès. Et que je ne cherchais pas la polémique à ton égard tant je sais par avance que nous camperons sur nos positions respectives. D’où l’abdication que j’évoquais.

    Pour répondre à tes arguments…

    Sur le qualificatif que tu emploies à propos des écolo, je trouve que le mot « réactionnaire », pris en son sens actuel, est péjoratif et donc inadapté si tu comptes sainement débuter ton argumentation. Mais passons, ce genre d’insultes n’est que monnaie courante dans la bouche de certains, qui, je le sais, ne changeront jamais. Là n’est d’ailleurs pas mon but. Ton positionnement me donne simplement l’opportunité de montrer quels sont les arguments des pro-OGM et montrer en quoi ils dérangent et surtout pourquoi je veux me battre contre eux…:-)

    Ensuite, traiter d' »OGM » les gens que l’on pourrait sauver et laisser vivre par thérapie génique, excuse moi, je trouve cela drôlement inadapté. Si telle est la réalité scientifique, il me semble que l’objectif est différent tout de même. Et donc parler d’eugénisme en cet endroit me gêne tout autant: il en va de la connotation de ce mot comme de celle de réactionnaire, et si la provocation peut être un exercice de style utile, sur ce sujet elle me semble bien triste, et entretient même la confusion. Donc gardons le terme « traitement par la thérapie génique »(sous entendu pour « guérir » et « pallier à ») il vaudra mieux. Quant aux OGM, il me semble qu’ils ne sont pas apparus pour guérir quoi que ce soit, mais bien plutôt pour tuer et ensuite entretenir un état de fait sagement gardé par les firmes les commercialisant, sans aucun respect pour l’être vivant, justement… Mais j’oubliais, ces arguments ne sont pas bons à tes yeux tant ils sortent de l’univers de la biologie. Permet moi simplement de te dire que l’étatisation des OGM ne changerait rien à mon goût tant les lobbies, quitte à parler de Sarkozy, sont infiltrés dans les plus hautes sphères. Ah, et j’avais oublié: lors de notre discussion je me souviens aussi d’une tes opinions sur la capacité de jugement de tout un chacun qui laissait largement sous-entendre que les gens sont des cons et qu’on ne doit pas leur laisser l’opportunité de choisir, et de s’exprimer sur le sujet… Là aussi cela dérange. Les scientifiques ont un rôle (que tu soulignes), et plutôt que leur dire qu’ils ne savent pas communiquer, je commencerai d’abord à me poser la question à moi-même.

    Ensuite, en ce qui concerne les cultivateurs bio qui oui, cultivent des hybrides. Il me semble que justement, notre propos était bien de dire qu’hybrides et OGM sont différents! D’où la confusion là encore, sur notre principal point de désaccord.

    Enfin, certes les allergies existent de tout temps. Certes les intolérances sont légions pour beaucoup, et de plus en plus. Mais de là à faire un amalgame de plus, non. Le jour où les OGM seront répandus, il sera difficile de faire marche arrière. C’est maintenant qu’il faut dire non. Si cela fait 15 ans que les OGM existent et sont cultivés, si aucune maladie ou symptôme n’est encore apparu, je te rappelle que les cancers n’apparaissent que sur le long terme, que les politiques publiques en la matière sont souvent « réactives ». Enfin, il me semble aussi que l’usage des OGM va de pair avec l’utilisation de pesticides à outrance, et que les sols sont aussi par conséquent largement endommagés. A long terme il y a aussi des conséquences fortes à ce niveau là. Pas besoin d’attendre pour le voir.

    Et pour conclure: quid de la FAO, qui, il y a un mois, expliquait que l’on peut nourrir l’ensemble de la population avec du bio? Quid des chiffres montrant que nous produisons suffisamment pour nourrir 12 milliards d’individus? Et pourtant un môme meurt de malnutrition toutes les 5 secondes (si je ne me trompe pas). L’argument vantant les OGM sous prétexte qu’ils pourront nourrir les pays pauvres ne sont qu’un leur. Le leur de ceux qui ne font que du fric sur le dos des pauvres, qui assassinent chaque jour les gens qui meurent de faim. Enfin, quid du goût, du naturel, de ce qui laisse place aux pratiques ancestrales, au bon sens, à l’humanité, dans une logique bien éloignée des celle prônées par les profits…? Perso, s’il y a une Opération de modification génétique que je souhaiterais, c’est bien celle de ceux à qui je remplacerai la pierre qu’ils ont à la place du coeur et par un peu d’humanité là où règne le peu d’égards qu’ils ont pour leur pair.

  4. […] poitrine ça peut aller aussi.Bon, j’ai un peu décompressé du “anti-à-peu-près“, vais aller finir mon post/essai sur “is the separation of Church and State […]

  5. […] OGM- nouveau service Jump to Comments Deux réactions très intéressantes à mon post anti-à-peu-près. […]

  6. Un autre lien vers un article bien intéressant… J’aimerais bien savoir ce que tu réponds à cela, puisque tu demandes des arguments précis de contestation…
    http://www.monde-diplomatique.fr/2006/04/VIOLLAT/13346

  7. Salut Elodie,
    ma réponse est en partie dans mon post en partie dans l’article auquel tu me diriges :

    Ceci étant précisé pour qu’il n’y ait pas de changement de cap de la discussion vers des considérations qui ne sont pas biologiques, quels sont les arguments contre les OGM.

    Il n’y a que la partie qui concerne la nocivité directe des OGM qui m’intéresse. Non pas parce que je suis insensible aux autres problèmes, mais parce que je ne saurais pas donner un avis éclairé.
    Or, les problèmes évoqués par Viollat concernent : a) la déforestation, b) le contact avec les herbicides.
    Je pourrais laisser ça en disant que c’est du domaine des agronomes de faire leur boulot, aussi bien pour circonscrire les zones traitées, protéger la forêt, faire respecter la posologie du produit et éviter l’épuisement du sol, du domaine des agriculteurs de prendre les précautions adéquates quand ils manipulent un produit dangereux.
    J’irais plus loin d’un cran quand même, parce que je pense que ça pourrait être une solution certes imposée et du domaine du paternalisme, mais ça pourrait éviter des catastrophes : les pays acheteurs devraient limiter leurs achats au volume de soja (OGM ou pas OGM d’ailleurs) compatibles avec un respect des bonnes pratiques d’agriculture (si des telles normes existent, ou après les avoir formulées). Pour éviter surexploitation et déforestation. Et on laisse le soja transgénique tranquille.
    Je profite pour relever une sottise :

    « Dans la Pampa, huit espèces de mauvaises herbes (…) montrent déjà une résistance au glyphosate », d’après les recherches de M. Pengue. Le cercle vicieux commence ici. Car, pour combattre la capacité d’adaptation de la nature, il faudra augmenter toujours plus la consommation d’herbicide… Jusqu’à ce que Monsanto ou une compagnie concurrente mette sur le marché un nouveau produit, plus puissant, et probablement plus dangereux.

    Le cercle vicieux de l’apparition des résistants est bien connu. La sottise est juste ce « un nouveau produit, plus puissant, et probablement plus dangereux ». Il ne s’agit pas de puissance, mais de contournement des résistants et il n’y a aucune raison de penser qu’un nouveau produit serait probablement plus dangereux. Pour les antibiotiques ça n’a pas été le cas jusqu’à présent. J’espère que ce n’est pas Walter Pengue qui l’a sortie celle-ci.

  8. Pour l’OMS le glyphosate est un herbicide de classe IV, la moins toxique. Il a remplacé, pour la culture du soja en Argentine, des produits de classe II et III, plus toxiques.

    Sur weed science.com sont recensées toutes les résistances à des herbicides, c’est actualisé régulièrement. En septembre 2006 ils ne recensaient toujours que deux résistances aux glyphosate, très localisées. Beaucoup des résistances au glyphosate dans le monde sont antérieures aux cultures ogm.
    Dans ce cas on ne recommande surtout pas d’augmenter les doses mais de changer de produit (herbicide spécifique)
    ….
    J’arrête là, mais il y a bien d’autres points (déforestation, impact économique…) où dès qu’on trouve une source un peu sérieuse, elle dit tout le contraire de ce qu’avance cet article du monde diplomatique.

  9. Je suis en train de me documenter (vaguement) sur Bacillus thuringiensis (vous savez bien sûr d’où viennent les initiales Bt) et j’en apprends des choses…
    Par exemple qu’il a été utilisé depuis le années 1950 en tant que pesticide biologique ! Intéressant, très intéressant.

  10. […] La discussion a tourné court sur un argument contre le quel je suis sans voix : Perso, s’il y a une Opération de modification génétique que je souhaiterais, […]

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