Science dure !

Entendre une philosophe qualifier la biologie de science dure est un moment jouissif, à l’idée de la tête que feraient certains physiciens🙂 Mme Larrère m’a fait ce plaisir. Je la remercie !

Intimement convaincu que l’artificiel est un sous-ensemble du naturel, et loin de m’émerveiller de la Beauté de la Nature en oubliant que ce qui est beau ou moche est un jugement de valeur qui me vient de ma culture, j’aurais trouvé la présentation intéressante mais sans nouveauté, si ce n’était la toute dernière partie, la seule où une prise de position a été posée. Mais ça valait la peine d’attendre ces quelques phrases.

A l’opposition classique naturel vs artificiel un troisième élément a été proposé, le culturel. Non pas accompagnant l’artificiel, comme habituellement, mais en troisième partie d’un triangle. Elle a eu beau dire que les emplacements des trois éléments n’étaient pas importants, dans le schéma vraiment virtuel qu’elle nous a tracé, en absence de tableau, le naturel occupait le sommet, l’artificiel le coin gauche et le culturel le coin droit. J’ai failli écrire le côté droit, tellement l’importance de la chose semblait prendre de la place.

Il est vrai que je suis sensible à cette opposition [que je ne considère pas en tant qu’opposition]. J’aurais préféré entendre parler de parallélisme entre le naturel et le culturel, de coopération, de symbiose, de changement de medium pour les processus évolutionnaires, mais la seule distinction du culturel ne faisant pas tout à fait partie du naturel et/ou de l’artificiel est un espoir non négligeable. Il est certain que la mémétique n’a pas encore fait son chemin, mais le rail semble être posé.

De l’autre côté, entendre discuter de ce sujet sans références directes aux motivations (entre autre culturelles) de ceux qui prennent position pour ou contre l’opposition entre les deux (ou trois) éléments, en incluant les motivations issues de la culture religieuse, m’a paru bizarre. Je pense que certaines interrogations sur la façon d’aborder la technique suivant les contextes culturels auraient trouvé facilement des réponses. Pour seul exemple les lois bioéthiques suivant l’emprise de la religion à la définition de la morale de la population et le type de religion😉

« »

6 Réponses

  1. […] Pour mon bla bla au sujet de la présentation de Lallère c’est par ici […]

  2. Bon résumé OC! Juste une précision : la dadame s’appelle Larrère et non Lallère…lalalèreuh!
    Bises.

  3. The OC?

    Oh!
    🙂

  4. La pratique des arts, qui nous a conduit du doigt dans le Q à la civilisation, fonctionne sur notre capacité à copier (artificiel) l’existant (le naturel). La faiblesse de la copie garantit tout à la fois le RESPECT de l’original et la DISTANCE qui peut engendrer le progrès ou la déviation positive.

    Mais quand l’artificiel devient copie conforme ou acquiert, comme dans le cas de la copie numérique, quelques avantages induits (en l’occurence, compacité, redondance, nouveaux usages), est-ce au culturel de maintenir seul la valeur intrinsèque du naturel ? Clones et OGM nous montrent pourtant que l’avantage immédait l’emporte. On se souvient de Dolly mais qui se souvient de la mort de Dolly ?

    Un triangle « naturel, artificuel, culturel » me semble déjà caduque parce que, à l’évidence, et comme tu en sembles toi aussi convaincu, l’artificiel fait effectivement partie de notre « naturel », un « naturel hybride » que notre dimension culturelle a su souhaiter et protéger .

  5. fred. : oui mais en exposant les acteurs on peut après exposer les liaisons; en cela on évolue (on est capable de concevoir les rapports)

  6. Fred,
    moi je me rappelle de la mort de Molly, et de celle de plein d’autres animaux et gens d’ailleurs.

    Et tu sembles penser que nous nous contentons de copier. Là tu as tort.
    Tu oublies l’invention, l’addition à l’existant qui est le fait de l’intelligence que nous trimbalons. Nous ne sommes pas qu’à en copier les précédents. Je dirais que nous sommes loin d’en copier les précédents et il n’est pas nécessaire d’être versé en biologie ou en chimie pour s’en rendre compte.
    C’est la nouveauté qui fout la trouille à certains. Allez, pour reprendre le cliché du Bon Docteur, le syndrome de Frakenstein.

    Et tous les autres processus évolutionnaires naturels, d’ailleurs, ils ne font pas que reproduire, ils produisent de la nouveauté. Nous sommes en train de franchir une singularité. La nouveauté que nous produisons pourra exister indépendamment de notre espèce, qu’il s’agisse de constructions biologiques ou d’intelligence artificielle ou de simples systèmes auto-reproducteurs (nano). Pas inaltérable, puisqu’elle préserve ses qualités de système évoluant, mais « issu de » quand même.

    En fait je ne vois pas pourquoi qualifier quoi que ce soit de naturel, puisqu’il s’agit d’un truisme, sauf si on croit au surnaturel et que la distinction est donc nécessaire. Je vois l’artificiel comme un sous-ensemble du naturel et le culturel comme un sous ensemble de l’artificiel et donc du naturel. Et si une intelligence artificielle voit le jour je la classerais volontiers en sous ensemble du culturel et donc de l’artificiel et donc du naturel.

    Si on aborde le tout en termes de traitement d’information le schéma est beaucoup plus simple. Faudra que je finisse par mettre au propre mes notes et que je les poste😉

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :